Filiale de La Poste, sucrerie, transport, éditeur de logiciels, papeterie : en 25 ans, Alexandre a vu à peu près tous les visages de l’entreprise. Et à chaque étape, des structures de plus en plus petites, au point de se dire qu’un jour, il ne travaillerait plus que pour lui. C’est chose faite depuis un an avec Symphony RH.
Aujourd’hui, il accompagne les PME qui ont grandi plus vite que leurs process RH, avec une méthode simple : poser un diagnostic, soigner, puis éviter la rechute. Rencontre avec un RH qui préfère les solutions concrètes aux grandes stratégies sur papier glacé.
En une phrase : qui es-tu, tu fais quoi, et pourquoi devrait-on te connaître ?
Je suis RH depuis bientôt 25 ans, et avec Symphony RH, j’aide les dirigeants de TPE-PME à structurer leurs RH, à corriger ce qui ne va pas et à accompagner leur développement. On devrait me connaître parce que je parle le même langage que les patrons : pas de grande stratégie hors-sol, mais des réponses concrètes, adaptées à leurs moyens, pour que la boîte tourne et que tout le monde s’y retrouve.
Comment es-tu devenu RH indépendant ? C’était quoi ton chemin avant de te lancer ?
J’ai toujours fait de la RH, dans des univers très différents. J’ai commencé dans une filiale de La Poste spécialisée dans la distribution de publicités, environ 10 000 salariés. J’ai ensuite rejoint un groupe sucrier, puis j’ai passé sept ans dans le transport et la logistique comme RH unique, dans une entreprise de 200 personnes, où je gérais absolument tout.
Après ça, j’ai eu envie de changer d’univers et j’ai rejoint un éditeur de logiciels implanté à San Francisco, Montréal et Mexico. Le projet était enthousiasmant, mais il s’est arrêté au bout d’un an. En 2019, je suis revenu à l’industrie, d’abord sur un site de production pendant trois ans, puis dans une papeterie de 350 personnes en flux continu, pendant trois ans également.
L’envie d’être à mon compte me trottait dans la tête depuis longtemps. À chaque changement de poste, je divisais à peu près la taille de l’entreprise par deux, alors je me disais qu’un jour, je finirais par ne travailler que pour moi ! Quand l’occasion d’un départ s’est présentée, je l’ai saisie, et j’ai lancé Symphony RH il y a un an.
Aujourd’hui, je m’éclate. Ce qui me plaît, c’est la variété des entreprises et des sujets. J’enseigne aussi les RH dans plusieurs écoles et je suis jury d’examen. Ça m’oblige à revoir les bases et à rester à jour, et c’est précieux quand on n’a plus les formations obligatoires d’un grand groupe. Et côtoyer des étudiants qui croient encore dur comme fer à leur métier, c’est très réconfortant.
Raconte-nous une victoire dont tu es fier !
Quand j’étais dans le transport et la logistique, nous faisions face, comme deux autres transporteurs de notre secteur, au même problème : impossible de trouver des conducteurs routiers et des préparateurs de commandes formés comme nous en avions besoin. Nous avions déjà l’habitude de travailler ensemble sur nos accords d’entreprise, alors nous avons décidé de régler le problème nous-mêmes.
Avec l’AFPA et France Travail, nous avons créé une école de conducteurs routiers et de préparateurs de commandes. Nous avons conçu les programmes, aménagé les locaux et recruté deux promotions de 15 personnes. Les stagiaires tournaient une semaine dans chaque entreprise et apprenaient directement sur nos outils, pas sur du matériel générique. C’était une expérience formidable, et j’en suis vraiment fier.
En démarrant ton activité d’indépendant, c’est quoi le conseil que t’aurais aimé recevoir (et que personne t’a donné) ?
Apprendre à se vendre soi-même. Pendant vingt ans, j’ai vendu les entreprises pour lesquelles je travaillais, et c’était facile parce que j’étais convaincu. Mais expliquer à un dirigeant pourquoi il a besoin d’un RH, ce que je vais lui apporter et pourquoi ma journée vaut ce prix-là, c’est une tout autre histoire. Il y a un vrai blocage à dépasser.
Je pense que c’est un problème de toute notre profession : on ne sait pas valoriser ce qu’on fait gagner ou économiser à l’entreprise. Faire baisser le turnover de deux points, réduire l’absentéisme, maîtriser le recours à l’intérim, prévenir les accidents du travail : tout ça a une valeur chiffrable. On nous répond souvent que « c’est notre boulot ». Oui, mais c’est aussi de l’argent économisé, et il faut apprendre à le montrer.
Ton accompagnement / ton expertise : c’est pour qui, ça débloque quoi concrètement, et comment on te suit / on bosse avec toi ?
Mon client idéal, c’est une PME de 35 à 100 salariés, sans service RH, qui a grandi sans se structurer. J’arrive avec un diagnostic RH : je cartographie ce qui est fait, ce qui ne l’est pas, ce qui reste à faire, et ce qui est fait sans aucune règle. Je fonctionne un peu comme un médecin : on identifie ce qui ne va pas, on choisit le traitement, puis on s’assure que ça ne se reproduise pas.
Un exemple qui revient souvent : une entreprise pratique la modulation du temps de travail sans accord qui l’encadre, parce qu’elle l’a « toujours fait comme ça ». En cas de litige, le risque peut aller jusqu’à une requalification en travail dissimulé. Mon rôle, c’est de détecter ces fragilités avant qu’elles ne coûtent cher, et de les corriger avec des solutions adaptées aux moyens de l’entreprise. J’interviens aussi après un rachat, pour aider les repreneurs à y voir clair sur ce dont ils ont hérité côté RH.
Je viens de l’industrie, ce qui est un vrai atout avec les dirigeants de ce secteur : je connais leurs contraintes et leur réalité terrain. Je travaille en présentiel, par exemple une journée par semaine chez un client, ou à distance selon les besoins. Et quand quelque chose n’est pas possible, je le dis franchement, puis on cherche ensemble comment avancer.
Vous pouvez retrouver Alexandre sur LinkedIn, sur le site de Symphony RH et sur son profil Catoche.